Live report Triel Open Air 2014 - Alternative magazine

Triel Open Air – 4/5/6 juillet 2014

 

 

L’année dernière, c’était pluvieux au Hellfest et très ensoleillé pour le week end du Triel, cette année, ça a été l’inverse : on ne peut pas avoir de la chance tous les ans et il ne s’agissait là que de mon intro météorologique rituelle. Avec de belles têtes d’affiche et, contrairement à l’édition précédente, trois scènes, il aurait été dommage de se priver de ce petit fest très abordable et qui respire la bonne ambiance.

Jour 1

Après avoir pu contempler la campagne d’Île-de-France à bord du transilien, c’est avec un peu de retard que nous arrivons sur place (ouverture des portes à 17h, mais il faut réussir à situer le Parc aux étoiles). On voit donc la fin du concert de Wizzö, toujours aussi en forme, et qui annoncent la sortie de leur album pour le mois de septembre. Les amateurs de revival rock n’roll seront ravis, et les amateurs de fesses fermes peuvent tout à fait voir le final du concert sur les pages des photographes présents à l’événement (et une vidéo sur la page du groupe) et qui n’auraient manqué pour rien au monde l’entrée en scène d’une ravissante blondinette aux cuisses fuselées pour danser sur leur morceau « Real Hot Stuff » (moi j’étais en retard, et de toute manière, ça fait crevard de se ruer dans le pit à la seule apparition d’une damoiselle quand on a pas la décence d’arriver à l’heure).

Juste à côté de la Main Stage, alors que Wizzö achève son set, c’est Dagara qui prend possession de la Headbang Stage, pendant que Lutèce prend ses quartiers de l’autre côté du site (Camp Stage : Black Metal Day).
C’est le moment de voir comment ces trois scènes cohabitent, puisque les locataires des deux petites scènes sont amenés à jouer en même temps. Lutèce paye apparemment les pots cassés en « déflorant » la Camp Stage : le micro grésille, le repiquage à la batterie est loin d’être terrible, mais leur noyau solide de fans est là et comme à leur habitude, ils se donnent à fond. (Spoiler alert : le problème de sonorisation a vite été réglé et les autres groupes ont joué sur la Camp Stage, au milieu des tentes Quechua, dans de bonnes conditions de fest).

Petite balade pour rejoindre la Headbang Stage ou Dagara déploie ses arguments « tribal hardcore ». Le son est bien meilleur qu’au Warm Up et on apprécie vraiment le contraste entre scream (Jimmy) et growl (Max). Sur scène, ça gigote, ça saute et ça sourit : ils s’éclatent et dans le public, ça se transmet. Quand Max demande un circle pit, il montre même l’exemple. Le temps se couvre, ils demandent du bruit pour éloigner la saucée mais ça ne manque pas. Fin du set, on se met à l’abri comme on peut.

 

 

Théoriquement prévus sur la Main Stage à 19h10, les Lumberjacks entrent en scène avec une petite demie heure de retard (c’était à prévoir : vue mon heure d’arrivée je n’aurais même pas du voir Wizzö, donc merci le retard). Le quatuor officie dans le registre du rock/stoner, en passant par le blues, et toujours servi par un chant au timbre suave et des mélodies qui jouent sur l’émotion. On voit d’ailleurs (observation faite alors que le groupe interprète « Last Letter ») que le public offre une oreille attentive. Le bassiste demande des nouvelles du match (oui, c’était encore la coupe du monde, ça ne me manque pas), tout le monde répond : « on s’en fout ». Le public est là pour la musique (sinon ils seraient restés faire pizza/bière/foot à la maison, logique), et cette petite pause nous permet d’entendre les balances de la Camp Stage. Le set des Lumberjacks sera intéressant, la plupart des morceaux en mid tempo voire plutôt lents, sauf sur le dernier morceau qui redonne une bonne patate après une énième averse. Leur prochaine date sera en octobre pour le Rock n’ Live. Belle découverte !

 

 

Les deux prochains groupes : Frantic Machine (Headbang Stage) et Ave Tenebrae (Camp Stage). Après quelques instants de Frantic Machine qui ne m’ont pas forcément coupé la chique (bien exécuté, des samples bien gérés), je migre donc vers la Camp Stage pour voir les blackeux d’Ave Tenebrae. En temps normal, le black ce n’est vraiment pas ma tasse de purée, mais il faut dire ce qui est : quand c’est bien fait, c’est très agréable à entendre. Il faut nuancer : les musiciens sont assez statiques sur scène, et on ne peut pas dire que le public soit plus énergique, donc un « c’est la guerre » crié par le chanteur qui tombe un peu à plat. Ce n’est pas grave, je sais, mais c’est le genre d’anecdote qui font qu’on raconte ou pas un concert à mon sens.

 

 

Bref ! Un grand bravo à Ave tenebrae pour sa maîtrise des ambiances, sa technique et ses mélodies, avant de retourner (ça fait marcher c’est bon pour la santé) de l’autre côté voir si je trouve quelque attrait à Frantic Machine.

Ils ont sorti un album et on voit bien qu’ils ont une bande de fan devant la scène. Il n’y a pas à dire, l’énergie est présente, et le deuxième album est bel et bien attendu. Un « dommage » : peu après le milieu du set, on entend bien mieux les balances de Debauchery sur la scène d’à côté que les commentaires du chanteur au public. On entendra clairement la phrase d’intro au morceau « Legalize » (« C’est l’heure du pétard messieurs dames ») qui remporte l’adhésion immédiate du public (festival !) et qui est étrangement énergique pour un morceau qui parle de drogue douce. En fin de set, le public demande un rappel, et même si l’ingé son fait signe que le temps presse, le public insiste et gagne. Si je n’ai pas totalement adhéré à Frantic Machine, je dois dire que le morceau exécuté en rappel m’a beaucoup plu avec son mélange des styles, rythmiques tribales et l’enthousiasme général.

 

 

Des têtes de mannequins en plastique accrochées au micro et ensanglantées : on accueille les death métalleux allemands de Debauchery sur la Main Stage. La mise en scène est à l’image de leur metal : c’est théâtral, brutal et bien torché. La voix du chanteur vaut vraiment le coup d’oreille : le chant est puissant et on ne notera pas de signes de fatigue. Couplé à de beaux soli à la guitare, on a un concert qui fait pogoter le public et slammer les valeureux qui n’ont pas peur de tomber la tête dans la boue. (Les curieux : jetez un œil à leur description sur leur page Facebook, il n’y aura rien à ajouter).

 

 

Après les visages et vêtements barbouillés de faux sang, un petit sprint pour aller voir brièvement Azziard. Présents le dimanche au Hellfest, ils défendent leur album sorti en début d’année. Un concept album ma foi bien intéressant et bien ficelé, et c’est non sans regrets que je les quitte (je ne verrai pas grand chose du set) mais il y a sur la Headbang stage un groupe qui m’avait fait exploser les neurones l’année dernière au Warm Up : Pitbulls in the Nursery.

 

 

En dehors d’avoir un nom qui figure dans un « top » des noms les plus brutaux de la scène metal (parfois j’aime rire, oui oui), ils distillent un mélange raffiné de metal progressif métissé à un son post-hardcore qui sait captiver le public.

C’est technique sans être prise de tête, brutal mais avec finesse et justesse … Leur premier album étant épuisé et le second à peine en mastering (vivement !), c’est en concert qu’il faut apprécier Pitbulls in the Nursery et je plains ceux qui les ont loupés. Une lumière parcimonieuse (on ne voit pas grand chose sur les photos mais c’était également le cas de visu), des ambiances travaillées, des effets recherchés … Un grand bravo, le meilleur set de la journée !


Mais ce n’est pas fini, il est maintenant temps d’accueillir la tête d’affiche de cette première journée de fest !


C’est Belphegor qui prend possession de la Main Stage (et vu la mise en scène, ce n’est pas peu dire) et de commencer la messe noire alors que la nuit est tombée. Habituellement, Belphegor, ce n’est pas ma tasse de thé, mais comme je n’aime pas le thé non plus … Tout ça pour dire (oui je n’ai pas réussi à rebondir, et alors ?) qu’avec la mise en scène, la performance vocale et guitaristique, on ne pouvait qu’apprécier ce set, aficionado du style ou non.

 

 

C’est donc sur une note sombre mais classe que s’achève cette première journée de Triel Open Air. Donc à d’main !

Jour 2

Puis-je dire fièrement que nous arrivâmes à l’heure en ce deuxième jour de fest ? Hélas non, mais je proclame tout de même avec aplomb que nous n’étions pas tant en retard que ça, et ce n’est quand même pas rien. Ouverture des portes à 13h, premier groupe à 14h30, mais il faut bien se nourrir, nom de d’là ! Mais bref. C’est donc pendant le set énergique d’Hemoragy que nous franchissons les grilles du Triel. Le trio (plus un guitariste « live ») s’était produit au Hellfest en 2011 et sort cette année un réédition de son album « Jesus king of wine » paru initialement en 2007. Ils ont apparemment une belle petite cohorte de fans enthousiastes dans l’assemblée, et le show est bien assuré.

Le deuxième groupe de la journée, sur la Headbang Stage, juste avant la finale du Headbang Contest (au passage : les résultats arriveront le soir même) n’est autre que Unscarred, groupe de thrash metal au chant féminin (et quel chant !) et c’est déjà l’heure de pointe dans le pit. Nelly, la chanteuse, alias Niloofar, est tout sourire et, on appréciera d’autant mieux son timbre de voix en live (bien que l’EP soit extrêmement réjouissant). C’est pêchu, rythmé, énergique, le son est très bien géré et le public profite de la bonne humeur du groupe qui s’en donne à cœur joie. Un très bon moment.



Set list : Refuse – Head Shot – 100 Lashes – Cross the line – Meet your fate – Rise – Fake democracy

Retour sur la Main Stage où doivent se produire les Pervert Asshole. L’année dernière, ils avaient ouvert les festivités de la deuxième (ou troisième ? Honte à moi de ne pas vérifier, c’est sûr que ça ferait une telle différence !) journée du Triel 2013, et on reconnaît très distinctement leur identité visuelle. Costumé, le groupe qui se réclame « décadent rock n’roll » n’a pas changé d’attitude, et tant mieux (que ça plaise ou non, d’ailleurs) : ils se sont inventé une histoire rocambolesque de soldat viré de l’armée et de chirurgien pervers. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont travaillé leur univers.

 

Le Dr. Perv, au chant, arbore une blouse souillée (jusqu’à ce qu’il se retrouve en slip, souillé lui aussi, c’est tout à fait charmant), et possède une voix « whisky-clope » tout à fait seyante aux influences southern que l’on ressent dans leurs compositions. Le show est assuré, musicalement c’est très réussi, le son est très bon, et le Dr. Perv partage même son whisky ( oui, oui, vraiment) avec le public du premier rang, après avoir proclamé « vous êtes pas assez saouls, on voit encore de l’intelligence dans vos yeux ».

 

 

Il annonce également, « on vous trouve un peu mous » avant d’interpréter « Living Dead Slut » (il est vrai que le public est clairsemé mais plutôt enthousiaste et remuant), et pour continuer dans la poésie, lancera un « Joyeux anniversaire, enculé ! ». Un très bon moment, à voir !

Sur la Camp Stage, on attend Skellel. J’y cours faire un tour, mais toujours rien, à part quelque chevelu qui s’entraîne frénétiquement au headbang (très réussi, par ailleurs), je rebrousse donc chemin avec ma déception et ma migraine sous le bras.
Rendez-vous donc sur la Headbang Stage où joue Captain Frapat, premier groupe à concourir pour remporter la finale du Headbang Contest (et je ne spoilerai pas, une fois n’est pas coutume, mais puisque, petit sacripan, tu lis ce report en diagonale, tu auras sûrement été impatient et sera allé chercher l’info toi même : grand bien t’en fasse, la curiosité, ainsi que l’impatience de goûter au savoir, sont de jolies qualités). C’est rock pur et dur, et le trio balance comme il faut. Au chant ça assure, et le public semble plus que satisfait de la prestation du groupe. Bientôt les résultats du tremplin, patience !



Du côté de la Camp Stage, Skellel a commencé à jouer. Le public n’est pas très nombreux, mais les musiciens tentent de les motiver. Le set est bon d’après ce que j’en vois (deux groupes en même temps ne permettant pas de voir les sets en entier : et il était plutôt hors de question que je fasse des choix arbitraires, puisque sur ces deux scènes, il y avait principalement des groupes que je voulais découvrir).

 

 

Set list : Bullshits – Ma colère – I know – Je tombe tu tombes – Toi et moi – Endless

Retour devant la Main Stage pour le set de Witches. Le son est bon et le plein air donne une atmosphère différente que la dernière fois, au Warm Up. Dès le troisième morceau, on entend les balances de Enemy of the Enemy sur la headbang stage. Apparemment, on est pressés par le temps et il va falloir enchaîner vite. Witches jouera des morceaux piochés dans toute leur discographie ainsi qu’un nouveau morceau et n’oubliera pas de préciser qu’un réédition en vinyl de leur première démo sortira en septembre. Le public n’est pas compact, mais est réceptif, et le set sera rythmé par cicle pits et pogos. Stay Thrash !

 

 

Sur la Headbang Stage, comme mentionné plus haut ( n’est-ce pas une formulation un peu formelle pour un report ? Vous lisez vraiment ? Mille excuses !), c’est Enemy of the Enemy qui s’apprête à disputer la finale du Headbang contest. Un petit speech sur le tremplin, et hop c’est parti, et on peut dire que ce groupe (le nom est long, et je ne le comprends pas très bien. Si l’ami de mon ami est mon ami, si l’ennemi de mon ami est mon ennemi, qui est l’ennemi de l’ennemi ? Vous avez deux heures, pas de calculatrice) distille un groove metal de très bonne facture. La phrase précédente, pour ceux qui ont bien suivi, est envahie d’une immense parenthèse pour dire … Rien.



De l’autre côté du Parc aux étoiles nous sentons l’appel, et cheminons donc avec allégresse vers la Camp Stage, d’où nous provient des rumeurs folk metal. Et nous ne seront pas déçus, avec Fenrir, qui, visages peints et kilts au vent ont choisi d’interpréter une gigue : je ne pense pas qu’il puisse y avoir meilleur moyen de faire sautiller les gens, et si tant est qu’on soit un peu normal, qu’on ait eu une sale journée ou qu’on soit PDG en costard, la gigue agite nos neurones festifs. Ils enchaînent ensuite avec un nouveau mmorceau, « The son of Pendragon », et on apprécie les cordes vocales de la chanteuse, elle chante bien, le timbre est cristallin et colle parfaitement au style. Des violons, des kilts et des musiciens qui s’en donnent à cœur joie : voilà de très bonnes raisons de ne jamais rater un set de folk metal si l’occasion se présente. Bravo Fenrir !



Set list : Intro – Rainbow Bridge – Camelot – Tristan and Iseult – Broceliande – Thunder cliff – Metal jig – The son of Pendragon – Fenrir

Retour à la Main stage, pour accueillir M:Pire of Evil, tête d’affiche du précédent Warm Up, et qui distille à nouveau un son heavy metal d’excellente facture. À la guitare, Mantas, donc évidemment ça dépote, et au chant, c’est toujours avec force mimiques et grimaces que Tony Dolan s’exprime. Il dédicacera la chanson « don’t burn the witch » à sa « very special friend » Sybille, de Witches, on peut dire que c’est frappé au coin du bon sens (quel coin ? Grande question). Le son est meilleur que la dernière fois et on passe un superbe moment heavy metal old-school.

 

 

Sur la Headbang Stage, c’est Burn your Karma qui prend place. Le quintet de groove metal, qui vient directement de Saint Etienne pour participer au Headbang Contest livre un set énergique et agréable. Du mouvement sur scène, dans le public ça suit (le chanteur, Xavier, est bon communiquant) : le groupe est motivé, et donc c’est motivant, logique.

 

 

Du côté de la Camp Stage, c’est Praetoria, du « Death-Thrash-core », qui s’invite dans une programmation voulu « pagan » en ce samedi après-midi.Le moins que l’on puisse dire, c’est que les gaillards ne se revendiquent pas d’un style sans apporter les arguments (aussi protéiforme que soit ledit style). Pour cause : trop de mouvement devant la scène, je n’ai pas pris de photo (petite nature, le Buk’), mais il y en a de très belles disponibles sur leur page, et je ne peux que conseiller d’aller écouter leur EP, « The new Reign ». Soyez curieux !

Rebelote et retour aux abords du bar (parce que c’est juste devant la Main Stage, ne me jugez pas !).C’est bientôt l’heure de Blazing War Machine, et cette perspective est très réjouissante. Vous ne savez pas pourquoi ? C’est du metal indus’, Irina au chant vous décolle la peau des os en un cri et un regard, et derrière les fûts, Franky Costanza.

 

Je ne ferai pas le CV de chaque membre du groupe, ce n’est pas le sujet, et il faut bien que vous alliez vous renseigner comme des grands une fois de temps en temps non ? Vus pour la dernière fois il y a plus d’un an à la Lune des Pirates à Amiens, et la surprise avait été très bonne, alors qu’en est-il une fois l’effet de surprise passé ? Vous faites bien de poser la question (Buk’ n’est pas seul dans sa tête, mais la question aurait très bien pu venir de vous, je pars donc d’une bonne hypothèse), parce qu’une fois la surprise passée, ça reste quand même complètement furieux, d’autant que le son est très bon, et que le groupe semble particulièrement en forme, dans la lumière du couchant et devant un public bien énervé.

 

La présence scénique d’Irina et son chant death parfaitement maîtrisé, on ajoute la folie d’Izakar, les rythmiques « Costanziennes », un clavier et un jeu de guitare excellent : c’est à voir ! Un super moment, un très bon set, un grand bravo !

 

 

Set list : Rigor mortis – Sanguinolentus kali – Swamp – Morbid sexual art– Manu militari – Qui desirat Pacem – Zombie’s fragrance

Pas facile de prendre la suite de Blazing War Machine, et pourtant, il faut bien s’y coller, et c’est Dying Flag qui fait le boulot. Il n’y a pas grand monde devant la scène, et c’est bien dommage (il faut cependant avouer qu’après une mandale de BWM dans la figure, on aime bien avoir un peu de temps pour récupérer). Les cinq gaillards de Nîmes, nonobstant la place vacante devant la scène, assurent un super set, bourré de leurs diverses influences : ça bien fort le thrash, et le punk, et ça crée un mélange détonnant, un bon crossover de derrière les fagots. Ils méritaient un public plus fourni, mais ce n’est que partie remise.

 

 

Suite de nos aventures en terre pagan, avec Hypocras sur la Camp Stage (dans la vraie vie, l’hypocras c’est pas terrible, quoique ça dépend des goûts, en réalité : si t’aimes pas le vin, déjà, goûte pas ce truc), et lisez bien ce qui suit : il s’agit d’un groupe suisse de « pure folk viking metal » (je n’invente rien), avec de la flûte à bec. Oui, damoiselles et damoiseaux ! Je n’aurai pas des masses l’occasion d’écrire ça dans mes reports à venir, alors je le réécris : flûte à bec. C’était à prévoir : une très grosse ambiance festive anime les devants de la scène. Je ne suis pas fan du timbre de voix mais il n’y a rien de désagréable (et comme pour le vin, ça dépend des goûts de chacun je présume), d’autant que les mélodies son diablement bien torchées et que ça donne envie de prendre une douche à l’hydromel. Une superbe découverte, et si vous voulez voir de la flûte à bec (combo fois 3) dans un groupe de metal, foncez !



Set list : Shut up – Judgment Valkyries – Spirit Hunting – Burning fire in my veins – Sociopatic blood feast

On a bien cavalé entre trois scènes, il a fait bon et moins beau, et la migraine qui m’accompagne grandit vite (vous savez ce que c’est à c’t’âge là, ma bonne dame). Petite pause, nous regardons vaguement ce qui est en train de se passer sur la Main Stage alors que je prie pour qu’un arbre à Doliprane® se matérialise ici, là, maintenant tout de suite. Et quelle ne fût pas ma surprise quand tout à coup ! Non je déconne, ça pousse pas sous nos latitudes, ces végétaux rares et 100% naturels, bien évidemment. M’enfin, cessons de digresser, et observons : sur la Main Stage, il semble qu’il y ait eu un petit changement de running order, puisque ce sont les Sales Majestés, prévus à 23h, qui prennent place, et non Sidilarsen.

Qu’à cela ne tienne, enchaînons de suite, pendant qu’il en est encore temps, sur du punk bien punkisant. Arno Futur au chant arbore une combinaison noire avec, au dos, cette phrase éloquente : « Survivre c’est mourir au ralenti ». Les punks parisiens enchaînent les chansons engagées et entraînantes (parce que pour faire des chansons engagées chiantes il faut vraiment le vouloir, comme Saez par exemple, mais je ne veux pas critiquer hein), qui font sauter autant que s’indigner. Ça réveille les cellules et ça force l’admiration, voilà ce qui fait qu’on aime le punk.

 

 

 

Set list : Camarade – On en a marre – Oui j’emmerde – Je suis fier – Johnny s’en va t’en guerre– Sois pauvre et tais toi – Mes frères – La banquette arrière – Halte au Front – PP haine – Les vacances – Tous les jours – Dernier combat – Chaos en France – Keupons toujours – Les patrons – La révolution – Y’a pas d’amour – No problemo

Il est maintenant l’heure de se restaurer (toujours pas de végétation médicinale en vue, et je ne parle pas de drogue là, mais de vrais médocs bien chimiques) : steak/frites pour tout le monde ! Je regrette l’absence des burgers cette année (mais tout le monde s’en fout ça je le sais. Je souffrais le martyr, mes yeux voulaient s’échapper de ma tête, j’ai bien le droit de raconter un peu ma vie).

Le dernier groupe à concourir pour le Headbang Contest (et qui donc, jouera au Motocultor) se prépare à entrer sur scène. C’est donc au tout de Naïve de monter sur la Headbang Stage : et surprise, pas de groove metal ou de thrash crossover comme on avait pu en voir, les toulousains sortent déjà du lot en exerçant dans le milieu du « trip hop electro metal », ça je ne l’ai appris qu’après, mais sur le coup ça surprend bien. Un écran, trois gaillards, des effets sur la voix et des nappes sonores planantes. Ma joyeuse troupe est restée en arrière pour terminer de manger, je les plains. On pourra évidemment objecter qu’il y avait plus de basses que de raison, mais qu’importe : c’est une sacrée claque. Ils ne jouent « que » trois morceaux (le deuxième morceau « belly » dure six minutes et c’est sans doute le plus court de la setlist), mais bien suffisant pour que le public ne soit, cette fois, pas remuant, mais muet et admiratif (si si, j’ai regardé).



Après, tout s’enchaîne très vite : les résultats sont proclamés. Tous les groupes qui jouaient la finale (le lendemain de l’élimination de la France : et ça vous fait remarquer que ce report paraît avec un p***** de retard. Insultez moi.) montent sur scène. La place du meilleur batteur reviens au batteur de Naïve, celle du meilleur chanteur revient à Captain Frapat. Enemy of th Enemy (d’ailleurs, rendez moi vos rédactions) arrive à la deuxième place et c’est Naïve qui arrive en tête. Ces deux groupes joueront donc au Motocultor, si l’envie vous prend (et ce serait pas une mauvaise idée, si je peux me permettre. D’ailleurs je me permets.).

 

Ensuite, je descends dans une sorte de vortex : la voiture, et le dodo. J’ai quand même tenu quelques heures avec la migraine, mais quand c’est trop … Je quitte le Triel avant la fin, ce qui ne me réjouis pas, mais avec la détermination de pouvoir être sur pieds le lendemain.

Jour 3

Arrivée sur place à 18h. Oui, c’est tard, mais Buk’ est maintenant dopé au paracétamol et rien ne me fera quitter le Parc aux étoiles avant la fin (*main sur le cœur, crache par terre*). Vu l’ardeur que mettent les musiciens à remercier les gens d’être restés, ou d’être venus, j’en déduis qu’ils ont du se prendre une belle saucée (information corroborée par mon Hobbit de voyage expert météo), et tout le monde est visiblement en train de croiser les doigts pour que le temps reste relativement clément. J’ai raté la moitié des concerts déjà (avant de poursuivre : mille excuses aux groupes, j’espère avoir la chance de vous revoir, sans rancune ? *sourire contrit*) mais je ne louperai pas Acyl.

Découverts lors du Warm Up, c’est un très grand plaisir de les revoir jouer. En plein air, avec l’odeur du sol mouillé en prime et l’enthousiasme visible de mes compères du public, ça promet un set du feu de dieu (ce le fut en effet, et ce n’est pas l’expression ultra- vintage ci-contre qui décrit le mieux l’événement, je vous l’accorde, j’aime bien quand on discute, vous et moi).

 

 

Ils joueront principalement des morceaux de leur album Algebra, mais dévoileront aussi un nouveau morceau, « Gibraltar », de leur prochain album à paraître en septembre, ce qui est un sacrée bonne nouvelle. Rien à dire : c’est rythmé, vivant et ça prend aux tripes. Vers la fin du set, on sent un moment de flottement : faute de temps, il est décidé de sucrer un morceau. Dommage ! Mais à la demande du public, ils pourront jouer « Ungrateful » en rappel. Un grand bravo et vivement le mois de septembre.

 

 

On enchaîne tranquillement avec ce qui se trame sur les autres scènes : sur la Camp Stage, c’est Avenger qui offre son rock old school à un public clairsemé (le pluie du début d’après-midi y est sans doute pour quelque chose) mais sans se laisser départir de sa belle énergie.

 

 

Migration vers la Headbang Stage pour assister au set de Red Mourning, qui a récemment sorti son troisième album. La setlist sera composée de morceaux piochés dans toute leur discographie, et puisque je ne connaissais pas, je tiens à préciser d’étranges accents « anselmiques » dans la voix du chanteur. C’est « southern » avec quelques accents hardcore bien dosés dans un semble qui respire le blues. On appréciera l’harmonica parcimonieusement utilisé, et une reprise pas trop mal de « Mercedez Benz » de Janis Joplin (il faut en avoir, pour reprendre du Joplin, à mon sens). À écouter !

 

 

 

Set list : Intro – The sound of flies – Gun blue – One step away – Twenty pages – Work song – Where stone and water meet – The simple truth – Touched by grace – There goes the chair – Harmonica – Rabid dogs and twisted bitches – Time to go – Faulkner’s past

Il y a des heures magiques (quand on veut lancer un maléfice ou un simple sort, ça se calcule, véridique, mais je parle là des surprises que réservent les journées qui se suivent sans se ressembler), et nous nous apprêtons à en vivre une. Les Ramoneurs de Menhirs arrivent. Déco scénique « plus bretonne tu meurs », le public est compact devant la Main Stage, et on sait déjà qu’on va passer un bon moment. Biniou pour Richard Bévillon et bombarde pour Éric Gorce, Loran à la guitare et Gwénaël Kéré au chant, ils se présentent ainsi : « Les Ramoneurs de Menhirs restent un groupe amateur, parcequ’ils font de la musique avec le cœur », et préciseront que c’est la deuxième fois qu’ils jouent au Triel et que « il y a 30 personnes de plus que la dernière fois » (et aussi que « entre la Bretagne et Triel, il n’y a que la France »). Ils joueront à la fois leur propre répertoire (si j’ai bien entendu, principalement des morceaux issus de l’album Amzer an dispac’h) et des reprises (dont « Nomades » de Tromatism, qui fut tout à fait grandiose). Ils ont aussi le sens de l’intro et de la formule percutante. Avant d’interpréter « if The kids are united », ils font référence à Acyl : « avant nous, il y avait l’Algérie. Ce qui fait le lien entre la tradition et le punk rock, c’est l’esprit d’insoumission ! ». Ou encore, avant le morceau « Marijanig » : « Il n’y a pas que la bière. Saluons les courageux planteurs de cannabis ! » et Loran nous présente sa théorie sur la non-légalisation, à savoir que le cannabis « génère de la convivialité, on parle, on réfléchit … Libérons Marie-Jeanne, et enfermons Jean-Marie ! ».

 

Pour « Bella Ciao », le morceau sera dédié la « la lutte anarchiste en Grèce contre l’Aube Dorée », puis ils enchaîneront avec « 8mn47 de traditionnel Bérurier ». C’est justement pendant ces 8mn47 que les plombs sautent : un problème ? Pas de problème, puisque tout le public chante en choeur ! Il y a de quoi être admiratif ! Tout à coup, ça reprend, puis ça re-saute. Loran dit alors : « si ça recoupe, on met tout le matos devant et on joue sans sono ». Il n’auront pas à en arriver là, mais que dire, si ce n’est que ça fait plaisir de voir à l’œuvre le véritable esprit punk ? Évidemment, avant de conclure, ils interprètent « La Blanche Hermine », après avoir précisé que ce soir c’était « la Bretagne en force avec Tagada Jones juste après ». Vient l’heure des remerciements, puis toute l’équipe « Ramoneurs » rejoint les musiciens sur scène pour un final « Viva la Revolucion ».

 

 

Difficile après un tel set de redescendre sur terre, mais c’est de loin le meilleur moment du fest qui vient de se passer, je ressens donc à la fois nostalgie et grande satisfaction.

Petit détour par la Camp Stage pour le dernier groupe du fest à y passer. Martyr officie dans le rock old-school (le thème de la journée sur cette scène, donc logique) et les anglais ont visiblement un noyau de fans venus acclamer leur passage. Pour clore les festivités sur cette scène, ils offriront un set brillant et très bien exécuté, qui aura réjoui les festivaliers qui n’étaient pas en quête de leur pitance.

 

 

Set list : Intro – D.I – Afterlife – Snow and Fire – All warriors blood – Insensible scream – Scence of Hell – Most Evil one – Circle of 8 – Eaten alive – Outro

Avant dernier groupe du Triel 2014, et dernier à occuper la Headbang Stage, c’est Magoa qui arrive. Quelques mois après la sortie de Topsy Turvydom, leur dernier bébé en date, ils en interprètent forcément quelques morceaux, et préviennent du caractère « popisant » de « Party Time » (si mes souvenirs sont bons, il me semble que c’est celle là). Vous savez messieurs, nul besoin de s’excuser de composer et de jouer de la musique, quelle qu’elle soit, du moment qu’elle vient des tripes, (je suis parfois philosophe, en dehors des horaires de bureau, et je répare aussi les ordinateurs par la pensée) d’autant que l’efficacité du titre ainsi pointé du doigt, stigmatisé même, est détonante. C’est techniquement parfait, les musiciens communiquent leur énergie à un public de fin de fest (soit épuisé, soit bourré, soit les deux) qui ne fait pas forcément bloc devant la scène, mais les présents sont subjugués.

 

 

Set list : Eat you alive – Estamos locos – Wall of the damned – Party time – Max Bet – Forgotten saints – Betraying grace – There is no tomorrow – Teardrop

Dernier concert du Triel Open Air 2014, mais pas des moindres. Alors que l’obscurité descend sur le Parc aux étoiles, c’est au tour de Tagada Jones d’investir la Main Stage.Sur scène, il y a de la fumée, et l’intro samplée débite les informations (celles concernant l’attentat du Worl Trade Center, entre autre). La voix de Niko, au chant, est reconnaissable entre mille, et l’ambiance est aussi bouillante sur scène que dans le public. Niko a tout de même précisé qu’avec le retard pris dans la journée, il fallait essayer de ne pas trop parler entre les morceaux. Quoiqu’il en soit, les morceaux s’enchaînent et déchaînent : c’est aussi le festival du slam dangereux, au Triel ! Tagada Jones demande un bordel pour les groupes et l’orga, et dédient leur dernier morceau aux Ramoneurs (et sont rejoints sur scène par Loran, manifestement très en forme).

 

Il est 23h30 et ils notent le retard. « Il faut arrêter là ! Un jour y’aura plus de Préfet, et y’aura plus d’horaires ! » et je ne sais plus qui répond : « Tu vas te présenter aux élections c’est ça ? ». Après une superbe acclamation du public, Les Tagada Jones quittent la scène sans oublier de préciser « faites attention à la police en rentrant ! ».

 

 

Set list : De l’amour et du sang – Instinct sauvage – le chaos -Yeched mat – Pavillon noir – Descente aux enfers – Tout va bien – Zéro de conduite – Cargo – Les compteurs à zéro – Vendetta – Dissident – Le feu aux poudres – La traque – Superpunk – Karim et Juliette

 

Le bilan ? Vivement le prochain ! Un grand bravo aux groupes et à l’association Esprit Rock pour l’organisation et ces trois jours purement géniaux. Avec les trois scènes, le festival prend une autre dimension (même avec les quelques problèmes de balances qui s’entendent, ou de groupes qui jouent en même temps), et la programmation hétéroclite et variée aura donné de quoi faire à tous, quels que soient leurs goûts. Une ambiance super pour ceux qui étaient privés de Hellfest ou qui voulaient redescendre doucement de leur nuage. À l’année prochaine !

 

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